Au bout de six nuits, lorsque la soif devint vraiment insuportable, on m' amena une victime qui se débattait.
L'odeur du sang me parvint de l'extrémité du long passage obscur, avant même la clarté des torches.
Un grand jeune homme musclé, puant, qu' on traînait en direction de ma cellule, qui donnait des coups de pied, insultait ses gardes, grognait et salivait en fou furieux, hurlait à la seule vue du flambeau avec lequel on le rudoyait, on le contraignait à s' approcher de moi.
Je me levai, presque trop faible pour cet effort, et me laissai tomber sur lui, sur sa délicieuse chair brûlante, puis lui déchirai la gorge en riant et en pleurant tandis que le sang débordait de ma bouche.
Il s' effondra sous moi, rugit, bégaya. Le sang jaillissait de son artère à gros bouillons sur mes lèvres et mes doigts amaigris; de véritables os. Je bus, je me gorgeai jusqu' à ne pouvoir en avaler davantage. Toute douleur m'avait quitté, tout désespoir, dans la simple satisfaction de ma soif, la seule consommation avide, haïssable, égoîste du sang bénit.
On me laisse à ce festin glouton, stupide et brutal.
Enfin, je roulai de côté pendant que ma vision retrouvait sa clarté dans le noir. Les murs scintillaient à nouveau par leurs minuscules morceaux de minerai, tel le firmament étoilé. Je me retournai vers ma victime. C'était Riccerdo, mon Riccardo bien-aimé, mon brillant ami au grand coeur; nu, souillé, longuement engraissé dans quelque cellule puante en prévision de cette nuit.
Je me mis à hurler.
Je me jetai sur les barreaux; j'y écrasai mon crâne. Mes gardiens à la peau blanche accoururent puis battirent en retraite, effrayés, pour me guetter depuis l'autre côté du corridor obscur. Sanglotant, je tombait à genoux.
J'attrapai le cadavre.
- Bois, Riccardo ! m'exclamai-je, me mordant la langue sur le visage huileux aux yeux fixes.
Mais mon ami était mort, vidé, abandonné ici par mes tourmenteurs afin de se décomposer avec moi, près de moi.
Extrait de Armand le vampire, d'Anne Rice.<----------------



![Mes statistiques... comme je suis "extrêmement" balèze en maths☻ [précision: c'est de l'ironie] ☻ voici une évaluation de mes compétences naturelles. Oui, je ne suis pas romantique! Et alors?! je suis la fille anti-romantisme, une barbare, une sado, une bourrin,....](http://de.img.v4.skyrock.net/def/the-campeuz-from-hell/pics/1264247318_small.jpg)
![Cette photo a été mon fond d'écran sur mon portable pendant 3 mois environs... et aujourd'hui, je trouve qu'elle résume assez bien l'état d'esprit dans lequel j'étais. Non je ne prenais pas de drogue! mais j'étais tout de même dépendante à autre chose. Heureusement, cette période est révolue. [J'espère...]](http://de.img.v4.skyrock.net/def/the-campeuz-from-hell/pics/1264220108_small.jpg)
